Lise Mercure, céramique d'art

Les techniques


Le choix des matériaux

Je privilégie une terre pâle contenant de la chamotte. La couleur de la terre jumelée à l’application d’une glaçure transparente aux endroits désirés permettent d’obtenir des zones blanches craquelées lors de la cuisson Raku. Quant à la chamotte, elle confère de la résistance et du corps à l’argile.

Façonnage des pièces

Le travail se fait à partir de plaques d’argile confectionnées à la galetteuse. La galetteuse est un instrument nous permettant d’obtenir des plaques d’épaisseur uniforme en faisant passer l’argile entre deux rouleaux qui l’écrase progressivement à chaque passage.

Il faut d’abord se créer un plan de ce que l’on veut faire. Les morceaux qui composeront la pièce sont taillés séparément dans les plaques d’argile, puis assemblés à l’aide de barbotine et de petits colombins.

Le séchage des pièces se doit d’être lent, sous un plastique, pour éviter le fendillement. À l’état cuir, un polissage à la cuillère est recommandé pour refermer les pores de la terre et lui donner du lustre.

Une première cuisson fait passer les pièces à l’état biscuit. À ce stade, elles sont solides, mais encore très poreuses.

Vient alors l’application de la glaçure au pinceau ou par vaporisation pour le Raku. Une glaçure est un mélange de substances en suspension dans l’eau. Chacune de ces substances a un rôle précis : dégraissant, fondant ou opacifiant. La présence de sels et d’oxydes métalliques dans la glaçure détermine sa couleur tels le rouge cuivre, le bleu cobalt ou le vert chrome.

Soulignons que les endroits sans glaçure sur les pièces seront noirs après la cuisson Raku dû à la carbonisation du procédé.

La cuisson selon la méthode Raku

Quand vient le jour de la cuisson, je priorise une journée ensoleillée ni trop chaude ni humide.

L’installation du four au gaz propane se fait le matin et un premier chauffage sans pièces permet d’éliminer l’humidité du four. Les cuves contenant de la ripe de bois ainsi qu’un réservoir d’eau sont disposées à proximité.

Les cuissons se font les unes après les autres respectant une même température, 1950 degrés F. Dès que la température souhaitée est atteinte, les pièces sont promptement sorties du four à l’aide de pinces et sont placées dans les cuves tapissées de ripe de bois. Le bois s’enflamme et le feu est étouffé en recouvrant totalement la pièce de ripe supplémentaire et d’un couvercle. Beaucoup de fumée se dégage lors de cette étape. Une protection sécuritaire est recommandée, lunettes et masque.

Voir des photos de la cuisson

Finalité

Le temps de séjour dans les cuves de combustion est également respecté. Après ce temps, les pièces sont plongées dans l’eau subissant un dernier choc thermique. C’est à ce moment que l’on sait si la pièce a supporté tous ces traitements. Si une craque suspecte donne un son fêlé en tapotant la pièce, ce sera une pièce perdue. Par contre, les craquelures sont souhaitées et donnent un air vieillot à la pièce. Le carbone de la combustion pénètre ces craquelures et colore l’argile nue en noir.

Les couleurs métalliques sur les pièces sont déterminées par la composition des glaçures. Elles peuvent varier d’une cuisson à l’autre selon plusieurs facteurs:
  • La forme de la pièce;
  • Son emplacement dans le four;
  • La façon dont la flamme lèche la pièce dans le four;
  • Le temps de défournement;
  • Le temps de séjour dans les cuves;
  • La façon de couvrir de ripe de bois;
  • Et la façon de tremper dans l’eau.

Une méthode répétitive et rigoureuse assure un meilleur contrôle des couleurs même s’il y a toujours un peu de hasard qui suscite la surprise et l’émerveillement.



Argile-papier

C’est une pâte très intéressante lorsqu’on veut obtenir de la légèreté et de la délicatesse. Elle résiste au fendillement en séchage rapide, elle se juxtapose facilement couche sur couche et on peut même appliquer de la terre humide sur de la terre sèche.

Je l’utilise pour faire des murales composées de couches superposées. Je me sers de coton fromage imbibé de barbotine pour texturer le tour ou le centre de la murale. À la cuisson, le papier présent dans l’argile et le coton fromage brûlent. Il en résulte une céramique d’une grande finesse.



Cuivre patiné

La patine est formée par réactions chimiques à la surface des métaux. Sur le cuivre, les coloris obtenus vont du brun au vert ou bleu. Ces réactions sont produites en accéléré, contrairement aux toitures de bâtiments qui prennent jusqu’à cinquante ans à verdir sous l’action des pluies acides.

Dans les murales, le cuivre patiné sert de support tandis sur les autres pièces, il est apposé en plaquettes incrustées. Cette étape se fait après cuisson.